La dernière strophe de « Baby blue » qui conclut le premier album
« électrique » de Dylan : « Bringing it all back home » contient à la fois une très belle allusion biblique (« forget the dead .. ») et une préfiguration
du thème de la chute qui sera exploré plus avant dans « Like a Rolling Stone » qui paraîtra quelques mois plus tard dans l’album où Bob bascule définitivement (ou presque) sur le
versant électrique : « Highway 61 ».
"Ain't it hard when you discover that
He really wasn't where it's at
After he took from you everything he could steal
[...] You used to be so amused
At Napoleon in rags and the language that he used
Go to him now, he calls you, you can't refuse
When you got nothing, you got nothing to lose
You're invisible now, you got no secrets to conceal."
Au final ces deux chansons racontent la même histoire, celle d’une jeune fille bien élevée, voire « de la haute » qui échange littéralement sa destinée avec celle d’un vagabond, d’un clochard. Tandis qu’elle s’abîme dans la misère, avec pour seule compagne quelques cigarettes allumées à la chaine (« Blonde on Blonde »), le napoléon en guenilles a revêtu ses habits dernier cri. Elle qui se moquait, hautaine, du manant devant sa porte, la voici à présent invisible, qui disparaît de ce monde.
« On ne comprend rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas
d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure »
Bernanos
"And the princess and the prince discuss what's real and what is not. It doesn't matter inside
the Gates of Eden"
Bob Dylan
I offered up my innocence and got repaid with scorn.
"Come in", she said,
"I'll give you shelter from the storm."
Bob Dylan
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