Jeudi 12 novembre 2009

Démiurges inconscients

Les blancs lancent l’affrontement

Sans cette étincelle de vie

Les noirs resteraient dans la nuit

Soldats d’ébènes enfermés dans leur cage

 

Adam et Eve quittent leur paradis d’ivoire

Libèrent les forces maléfiques

Confinées dans leur sombre palais

Allument la flamme noire

Qui réveille les enfants de Lucifer

 

Si les blancs lancent les hostilités,

Ce sont les noirs qui décident du type de partie,

Ce sont eux qui décident d’une défense sicilienne, ou d’une défense française

Ce sont eux qui décident d’une partie cadenassée, catenaccio à l’italienne,

Ou d’une partie ouverte, débridée, cavaliers flamboyants fonçant sur Austerlitz

 

Le bien décide d’affronter le mal,

Mais c’est le mal qui décide de la partie à jouer,

Partie longue et âpre, éreintante jusqu’à l’épuisement

Ou partie éclair, rapide et mortelle comme une flèche empoisonnée

Lutte franche et débridée, ou Stalingrad gelée comme un hiver sur la Volga

 

Pour autant les blancs gardent un coup d’avance,

Ce sont eux qui dictent le tempo, jouez musiciens !

Si les noirs choisissent la partition, le tempo, le souffle appartient aux blancs,

Libre à eux d’essayer d’étouffer l’ennemi par d’incessantes escarmouches,

Ou au contraire de se bâtir une citadelle d’ivoire inviolable

 

Les noirs tendent le premier piège, sèment embûches et trappes,

Maîtres du temps, les chevaliers blancs restent pourtant

Libres d’accepter un combat frontal,

de batailler pieds à pieds

Dans une guerre de tranchées,

Rude et brutale

Libres d’esquiver la menace,

De se recroqueviller

Repoussant le temps qui passe,

Et son inéluctable vérité

Libres de se lancer à corps perdu

Dans ce combat contre la destinée

Cette partie là sera brève,

Au moins l’auront-ils jouée

Avec le panache de véritables chevaliers

Par Isidore
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Dimanche 8 novembre 2009

 

“Well my sense of humanity has gone down the drain
Behind every beautiful thing there's been some kind of pain
She wrote me a letter and she wrote it so kind
She put down in writing what was in her mind
I just don't see why I should even care
It's not dark yet, but it's getting there”

“Not Dark Yet” – Album “Time Ouf Of Mind”

Bob Dylan

 

Par Isidore - Publié dans : dylan
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Mardi 3 novembre 2009


Tu as mis ton costard anthracite très très chic

Ciré tes dock martins  noires comme l’ébène

Enfilé une chemise italienne,

Sans oublier ta cravate bleu cyan

Tu ne vas tout de même pas à un enterrement

Et pourtant

 

Tu as observé ton reflet dans la glace

Le port altier, le bronzage léger,

Le rasage nickel, quelques mèches rebelles

Sans oublier ta montre plaquée argent

Tu ne vas tout de même pas à un enterrement

Et pourtant

 

Tu t’engouffres dans la bouche du métro

Comme le vent mauvais de novembre

Durant tout le trajet tu as rêvé d’une autre vie

La musique résonnait si fort au creux de tes oreilles

Tu ne vas tout de même pas à un enterrement

Et pourtant

 

A la station « Monceau »

Tu as dépassé tous ces badauds

Accéléré le pas encore et encore

Au rythme de la musique

Sorti ton badge magnétique

Affuté ton sourire sardonique

Et ton regard si sympathique

Tu ne vas tout de même pas à un enterrement

Et pourtant

 

Dans l’ascenseur tu as croisé tous ces gens

Qui ont remplacé le verbe « respire »

Par leurs tristes soupirs

Arrivé à l’étage où l’on t’attend

Tu coupes le son

Et dans ce brutal retour au réel

Tu réalises que tu es le seul

A avoir oublié de porter un masque

Tu ne pensais pas aller à un enterrement

Et pourtant …

Par Isidore - Publié dans : metal heart
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Lundi 2 novembre 2009

 



Mon cœur tombe comme une pierre

Quand sa petite main attrape ma nuque

Et qu’il murmure à mon oreille

Un secret aux couleurs de l’arc-en-ciel

Par Isidore - Publié dans : summertime
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Jeudi 29 octobre 2009

 



Dans cette majestueuse demeure que l’on dit hantée

Au milieu de cette immense pièce au charme suranné

Un vieil homme lit un livre tombé de la bibliothèque

Lorsqu’un vent terrible s’est engouffré                                          

Par ces grandes fenêtres ouvertes par l’orage

Seul au milieu de cette tempête terrestre

Le vieil homme s’est rappelé ses anciennes peurs d’enfant

Devant la beauté sauvage des éléments déchaînés

Puis, il a fermé, sans hâte, toutes les fenêtres

Repoussant ce vent du nord vers d’autres contrées

Ne trouvant  plus le sommeil

Il s’est confortablement installé dans ce fauteuil de cuir usé

Et a commencé « Parmi les tigres blancs»

Ce livre ancien contant une histoire d’un autre temps 

 

Un homme s’est enfui dans la nuit,

Il a quitté sa prison de marbre blanc

Où déambulent des tigres apprivoisés

Le sultan et ses magnifiques compagnes

 N’ont eu de cesse de l’interroger

Usant tantôt de menaces,

Aussi effrayantes que ces animaux étranges

Mi sauvages, mi apprivoisés

Qui hantent ce palais à la beauté si froide

Usant tantôt de charmes mystérieux et oniriques

D’une douceur suave et maléfique

Mais l’homme n’a jamais rompu

Il a ployé sous  la peur, sous le désir

Son corps tout entier réclamait la délivrance

Mais son cœur dur comme la pierre ne s’est pas fendu

Son esprit n’a jamais sombré

Dans les délices trompeurs de l’oubli et du renoncement

Et cette nuit sans lune

Il s’est enduit le corps d’un onguent sacré,

Il a prié les dieux jusqu’à l’aube

Il leur a offert son âme en sacrifice

Nul n’a entendu ses pas glissant sur le marbre

Même les magnifiques tigres blancs du sultan

Même le souffle du vent de l’orient

Sont resté figés, comme aveuglés par la lumière si claire

De la renaissance d’un homme au cœur si pur

Quittant ce lieu de tortures et de délices

Emportant à jamais son secret

 

Rapide comme le vent

Agile comme un tigre

Il a traversé un désert de sel

Franchi des montagnes glacées

Terrassé une mer déchainée

Il court à présent dans une autre nuit

Serrant tout contre son cœur

Une dague en argent

Dans ce grand parc si sombre

A peine éclairé par une lune rousse

Il entend le gravier qui crisse sous ses pieds

Il voit les ombres chancelantes

De grands hêtres rouges

Qui tremblent sous les derniers

Assauts d’un orage finissant

Devant lui un étrange manoir

Une lourde porte s’ouvre comme par enchantement

Au fond du vestibule

L’homme aperçoit l’escalier

Qui conduit à une pièce immense

Et à un vieillard mélancolique

Indifférent à l'orage

Ainsi qu’au bruit des pas

De l’homme à la dague en argent,

Sans doute attend-t-il depuis bien longtemps

La terrible vengeance

Qui  sera peut être

Sa délivrance

Par Isidore - Publié dans : metal heart
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Présentation

Modern Times

« On ne comprend rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » 
Bernanos

Gates of Eden

"And the princess and the prince discuss what's real and what is not. It doesn't matter inside the Gates of Eden"
Bob Dylan

A shelter for the storm

I offered up my innocence and got repaid with scorn.
"Come in", she said,
"I'll give you shelter from the storm."
Bob Dylan

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