Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 08:55

 

J’ai traversé des océans en feu

Des forêts noires comme la suie

Des déserts  blancs comme la neige

Des glaciers bleus comme le ciel

Le soleil a illuminé tant de matinées de bord de mer

Des rêves fous ont hanté mes nuits

J’y ai croisé une femme belle comme l’enfer

Je sens encore sur mes lèvres le sel de ses baisers

Parfois je me retourne et j’aperçois une ombre qui me suit

Les fleurs de l’indulgence ont fâné depuis si longtemps

Par Isidore - Publié dans : dear darkness
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 21:55

 

La plupart du temps

La mer est silencieuse

Une pluie d’étoiles immobiles

Dessine au firmament des animaux étranges

Le vent caresse ton visage

Les grillons chantent inlassablement

 

La plupart du temps

Les sirènes dansent au fond de l’océan

J’entends à peine le bruissement

Des ombres qui tanguent dans la nuit

Je me retourne un instant

Et j’aperçois la beauté qui s’enfuit

 

La plupart du temps

Je ne me rappelle plus très bien

Les odeurs, les saveurs

Je me glisse dans la douceur

De cette fin d’été qui s’enfuit

 

La plupart du temps

J’entends à peine

Le brouhaha du monde

Je cherche en vain ton regard

Qui transperçait la nuit

 

La plupart du temps

Je songe au paradis perdu

Aux fleurs blessées du jardin d’Eden

J’ai oublié les prières de l’enfance

Celles d’un bonheur qui s’enfuit

 

La plupart du temps

Je marche à l’ombre de la cité en ruine

Je ne parle plus guère

C’est à peine si je me souviens

Du moment où tu es partie

Par Isidore - Publié dans : metal heart
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 17:06

 

Je me rappelle très bien la première fois où je l’ai vue, impossible de ne pas la remarquer au milieu de ses collègues, impossible de ne pas capter la lumière qu’elle renvoyait, comment ne pas être aussitôt saisi par son port altier, sa silhouette et ce sourire qui dansait au fond de ses immenses yeux noirs ?

Je me suis pourtant méfié lorsqu’elle s’est dirigée vers moi pour m’inviter à partager une cigarette sur la terrasse ensoleillée de notre petite entreprise. Une vieille chanson de Souchon me trottait dans la tête, « j’avais peur car les filles quand elles passent, c’est bien souvent pour qu’on les embrasse », je la trouvais un peu trop sûre d’elle, trop consciente de l’effet qu’elle produisait, du formidable pouvoir d’attraction de la beauté.

Tout cela est loin à présent, je me demande parfois ce qu’elle pouvait bien me trouver, mon costume anthracite démarqué, ma fausse nonchalance ou cet air d’indifférence. Il lui manquait la grâce de la fragilité, ces minuscules fêlures qui donnent l’envie d’aimer, c’est du moins ce qu’il me semblait lorsqu’elle se collait contre moi pour se protéger du vent de l’hiver qui balayait sans fin les feuilles déposées par l’automne sur le parvis gris de l’immeuble que nous quittions régulièrement pour aspirer un peu d’air.

Je n’ai jamais vraiment saisi pourquoi elle passait chaque matin, son éternel sourire aux lèvres, et je ne comprends pas davantage aujourd’hui pourquoi je la cherche si souvent du regard, à travers la porte vitrée du petit bureau où je passe l’essentiel de mes journées.

Plusieurs saisons ont défilé, je me rappelle très bien la dernière fois où elle est venue me chercher pour partager une cigarette, cet air de timidité que je lui voyais pour la première fois, sans me douter que ce serait la dernière.

 

Par Isidore - Publié dans : metal heart
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 10:27

 

Nous sirotons un mojito glacé face à l’océan, un vieux tube des années 80 nous renvoie au temps de notre adolescence, sa main glisse le long de mon épaule, elle chuchote à mon oreille des mots sucrés comme le sourire d’un enfant, les alizés font trembler le feuillage d’arbres inconnus du continent, j’allume une cigarette et laisse mon esprit vagabonder vers cette immense chambre coloniale que nous rejoindrons tard dans la nuit, beaucoup plus tard …

Dans un an nous nous marierons dans un village du sud de la France, après avoir dansé toute la nuit nous nous écroulerons un peu ivres dans l’herbe trempée par la rosée du petit matin.

Nous achèterons une petite maison aux volets couleur lavande, avec un jardin à l’abri du vent où je m’endormirai en fixant le ciel étoilé pendant les longues soirées d’été.

Un matin elle m’annoncera qu’elle attend un enfant ; quelques années plus tard, elle m’attendra au pas de la porte en pleurant, elle m’aidera à ôter mon pardessus trempé par la pluie glacée, ses yeux mouillés par les larmes auront la couleur de l’acier et j’apercevrai sa valise bouclée dans un coin de l’entrée ainsi qu’une lettre posée sur la table du salon.

 

A cet instant nous contemplons l’océan qui gronde comme un fauve tapi dans l’ombre, je lui tends la cigarette que je viens de commencer, hèle un serveur vêtu de blanc et commande deux autres mojitos. Je passe une main sur sa cuisse brûlante, elle frémit à peine mais je ne peux m’empêcher d’imaginer nos corps enlacés dans cette chambre coloniale, que nous rejoindrons tard dans la nuit, beaucoup plus tard …

 

Par Isidore - Publié dans : summertime
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 10:44

 

Je lève les yeux et je l’aperçois, la citadelle blanche, la cité interdite, si lointaine et si proche elle scintille d’une lueur étrange au cœur de la nuit, elle est pourtant là à portée de main, hautaine, souveraine, insaisissable.

Je poursuis mon ascension malgré la fatigue qui me gagne, malgré la peur aussi qui m’étreint peu à peu tandis que chaque pas m’éloigne davantage de l’agitation sans but du monde que j’abandonne. L’escalier se fait de plus en plus étroit, de plus en plus raide, couvert de pétales de fleurs aux couleurs changeantes il s’enroule sur lui-même comme une liane et m’emporte dans un tournoiement sans fin.

J’entends le feulement du vent dans les branches d’immenses arbres noirs que déchire parfois le cri d’un oiseau de nuit, je respire l’odeur douceâtre de fleurs inconnues, je fixe désespérément la citadelle blanche qui brille comme un talisman égaré par un dieu inconstant, je réalise seulement que si cet escalier se gravit, il ne se descend point …

Par Isidore - Publié dans : metal heart
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Présentation

Modern Times

« On ne comprend rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » 
Bernanos

Gates of Eden

"And the princess and the prince discuss what's real and what is not. It doesn't matter inside the Gates of Eden"
Bob Dylan

A shelter for the storm

I offered up my innocence and got repaid with scorn.
"Come in", she said,
"I'll give you shelter from the storm."
Bob Dylan

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